BACK
Des libellules pour le métro
Auteur: Cécile Gauclère Écrit le: 09/04/2019

Des libellules pour le métro

Le 19 juillet 1900, la première ligne du métro parisien entrait en fonction, 10 ans après Londres. 

En réalité, la réalisation d’un système de transports était un projet qui avait été discuté depuis déjà plusieurs dizaines d’années, sans trouver un compromis satisfaisant entre l’Etat et la Ville de Paris. Les négociations ne se sont accélérées que sous le constat que l’Exposition universelle de 1900, à Paris, approchait : un système de transports plus compétant était une nécessité absolue. 
Mais passons les détails techniques : ce qui caractérise le réseau métropolitain parisien, puisqu’il n’est pas le premier au monde, c’est son habillage. 

En effet, en 1899, un concours d’architecture est lancé afin de trouver une manière d’aménager les entrées du réseau métropolitain. Pourtant, aucun candidat ne convient, toutes les propositions sont jugées trop classiques.
À ce moment-là, l’architecte Hector Guimard a déjà fait ses preuves au Castel Béranger, un hôtel particulier du 16ème arrondissement (à l’époque le village de Passy, nouvellement annexé par la Ville de Paris). S’il n’a pas nécessairement fait l’unanimité auprès du public, ce bâtiment avait au moins eu pour avantage de faire connaître son architecte, dont les talents ont été rapidement reconnus. Véritable ambassadeur français du style Art nouveau (qui était apparu en Belgique), c’est lui qui est désigné pour dessiner les bouches de métro que vous connaissez aujourd’hui. 

Ces formes inspirées de la nature, en ligne dite « coup de fouet », font la particularité de l’Art nouveau : un mouvement dont les membres prônent l’importance de la ligne, libre et courbe, souvent enroulée sur elle-même. Ces artistes s’inspirent des estampes autant que des céramiques et du mobilier japonais, influence majeure au tournant du XXème siècle dans l’Histoire de l’Art européen. 
Les structures métalliques qui entourent élégamment les entrées des stations de métro sont donc un mélange de l’influence japonaise et de l’inspiration végétale. Appelés édicules, certains de ces aménagements urbains dessinés par Guimard sont uniquement un entrelacs de métal, d’autres comportent une verrière (ce sont ceux-ci que l’on surnomme les « libellules »). En tout, ce sont plus de 150 édicules qui ont été installés à Paris, dont les plus impressionnants - des sortes de pavillons chinois revisités, les artistes s’appropriant très librement les formes architecturales découvertes en Asie à l’époque - ont été détruits (à Bastille et l’Étoile). En effet, le premier arrêté municipal ayant pour but de protéger les édicules Guimard (en tant que monuments historiques) intervient en 1965 mais ne concerne que six d'entre eux. 

De nos jours il reste une soixantaine de stations à Paris qui conservent les traces des créations d’Hector Guimard, que ce soient des libellules (comme à Abbesses), des édicules simples (comme devant le siège de la RATP à côté de la gare de Lyon ou encore à la station Saint-Michel) ou bien des rambardes (pour les sorties des différentes stations autour des Tuileries et du musée du Louvre). 
Et si vous vous passionnez pour le sujet et avez déjà fait le tour des stations parisiennes, il vous faudra voyager : la RATP a fait cadeau de quelques reproductions pour les réseaux de transport souterrain de Chicago, Mexico, Moscou, Montréal et Lisbonne

Image Le Quartier Latin
Le Quartier Latin

Entre sorcellerie, religion, science et musique, découvrez le Quartier Latin.

Image Shakespeare and Company
Shakespeare and Company

En face de Notre-Dame, il y a cette petite librairie indépendante et anglophone à laquelle on peut attribuer de nombreux adjectifs : historique, atypique et aussi un peu magique…

Image Un tour dans le 13ème
Un tour dans le 13ème

Le 13ème arrondissement de la capitale est souvent délaissé des touristes et des monuments. Pourtant, il a lui aussi ses petits trésors. Escovery vous en dit plus.

Image La Paris Design Week revient pour une nouvelle édition !
La Paris Design Week revient pour une nouvelle édition !

Pour cette 9ème édition, la PDW a profité du salon Maison & Objet pour collaborer et mettre à l'honneur le thème "Hybride" qui consiste à mélanger art et architecture que ce soit en termes de procédé de fabrication, de matériaux ou encore de savoir-faire.

— Pour nous contacter, rien de plus facile!